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    (Cloitre à Palerme, Sicile)

     

     

    La voix du silence


     

    Le silence,  effroyable vêtement de deuil,

    Pèse indéfiniment sur ma banale histoire

    Façonnée de sable, brisée sur les écueils,

    Allant en naufragée de déboires en déboires.

     

    Ta voix choisit le vide, de mon sort décide.

     

    Les mots me harcèlent du besoin d’exister

    De peindre du vieux cœur les brefs sursauts de vie

    A quoi bon leur céder s’ils ne sont écoutés

    Leur écho, sur moi seule, sonne tragédie

     

    Feindre l’indifférence, étouffer ce qui pleure

    En soi de n’être pas compris, se résigner

    En luttant chaque jour, ou bien penser « je meure ».

    Du trop plein de chagrin vouloir se délester.

     

    Ta voix s’est éloignée, de moi s’est détournée.

     

    J’ai recouvert de noir mes feuilles inachevées

    Afin d’insignifier les traces de mes bleus

    Mais  au soir de ma vie je les ai retrouvées

    Encore vibrantes d’indéfinis heureux.

     

    Le silence ne les peut empêcher de  dire !

    Bien cachés sous le voile, entend les murmurer

    Les  soupirs interdits, les désirs en délire ;

    A vivre ensevelis tu les as condamnés.

     

    Ta voix s’est tue,  la mienne s’est perdue.

     

    L’effroyable silence pourvoyeur d’oubli

    Du cœur un orateur, souvent un tortionnaire

    Se plait à se jouer des rêves éconduits

    D’histoire trop banale au parfum délétère.


     

    P1010545-cloitre-barcelone.jpg

    (Cloitre à Barcelone)

     

    Lasidonie


    24-10-2010



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    Un poème paru sur ce blog en 2007 proposé en "vide grenier" aujourd'hui avec une autre ilustration

     

     

     

    Le manuscrit

     

     

    J’aurais voulu te voir écrivain à plein temps

    Encrer de bleu les lignes gaies de mon présent

    Avec ces petits riens, des mots de franc partage,

    Des pensées anodines qui du mal soulage.

     

    Ou t’imaginer en poète de mes nuits

    Pour mettre en rimes roses mes songes trop gris

    M’accompagner en troubadour jusqu’à l’aurore

    Avec des mélodies qui, la détresse, ignore.

     

    Le sablier aurait laissé couler, jaloux,

    Ses grains effrités, quelle importance après tout 

    D’ainsi ponctuer de gouttelettes séchées, 

    Larmes oubliées, toutes les pages tournées !

     

    Quelques notes tu as pu laisser au hasard

    Sur un manuscrit jauni exposé sans fard !

    O pouvoir devenir ta geôlière asservie

    Pour t’emprisonner dans le livre de ma vie !



    blog-0947-le-manuscrit.jpg 

     

    Lasidonie


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    Le mal insidieux

     

     

    Comment guérir ! J’aimerais oublier ce jour,

    Oter de mon esprit les pensées qui harcèlent,

    Jour dont la mémoire dessine les contours,

    Flashe des images, me garde sous tutelle !

     

    Pouvoir revivre le temps de l’indifférence

    Existence insensible aux blessures du cœur.

    Se laisser porter, endormi, par indolence 

    Et suivre, paisible, le courant, sans douleur !

     

    L’aveugle, du néant, a jeté les œillères.

    Le destin sans pitié décide seul du bien.

    Pourquoi mes yeux dans l’ombre ont-ils vu la lumière

    Réveillé l’espoir, chassé la brume, pour rien !

     

    Révolte stérile d’une vie qui s’achève.

    Le mal enraciné refuse de lâcher

    Une proie si facile envoûtée par ses rêves !

    Oh ! Sans mémoire, ou dans l’obscurité, sombrer !

     

     

    (poèmes 2006)


    P1000205-blog.jpg  

    Lasidonie

     

     

     


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      En clôture anniversaire d'une 4eme année de blog la reprise d'un texte de janvier 2007, remanié ici ou là (structure, ajouts ou modifications) le fond restant le même. 

    Une 5eme Année ? La lune si influente sur certains coeurs comme le mien en décidera...

     

     

     

    Un coup de lune


       

    Il est de ces soirs angoissants

    Où l'ennemi redoutable et redouté vous assaille,

    S'empare de vous subrepticement,

    Vous enserre dans ses tenailles

     Et vous étreint le cœur jusqu’à le rendre tumultueux.  

    On aimerait tant le chasser, ce monstre ravageur !

    On cherche une présence rassurante, un abri chaleureux

    Pour respirer calmement, terrasser la peur.

     

    Ariane, où es-tu ?  


    Le salut ne tiendrait qu’à un fil, si fragile,

    La voix, un mot.

    On guette, on l'espère, fébrile,

    L'âme en étau

    Mais Ariane n’est pas toujours présente

    Pour dérouler la corde et vous guider.

    Elle s’éclipse souvent, absente

    Tellement sollicitée par d’autres âmes à sauver !


    Chacun son tour. On reste là,

    Avec interminablement devant soi,

    Multipliés, des corridors noirs

    Drapés , endeuillés, de désespoir

    On ne sait plus lequel prendre, que faire

    Pour rejoindre la lumière,

    La clarté n’est plus que souvenir

    Et n'est plus que désir impérieux : fuir

     

    Le monstre tisse un cocon de plus en plus serré,

    Vous enrobe de terreur, s’agrippe à vous, 

    Vous rend semblable à ces écheveaux embrouillés :

    Impossible de retrouver l'invisible bout

    Indispensable au désenchevêtrement !

    Quête douloureuse pour obtenir libération :

    Découvrir la bonne direction,

    L'issue d'un infernal enfermement.


     

     Ariane, pour sortir des ténèbres, m’aideras-tu ?  

     

       

    Ariane est muette, déséspérement

    Me laissant seule dans mes errements

    Sa voix n'est plus secours, ni certitude

    D'être entendue, apaisée de sollicitude !

    Je me tourne vers la mer accueillante,

    La mer immuable toujours présente,

    Prête à recevoir en ce jour mon encre d'écume

    Larmes diluées dans l'océan des brumes. 



    Tu étais mon Ariane, et je t'ai perdu


     

    Je m'enrobe de provisoire sérénité

    Coeur anesthésié, mais l'esprit lavé

    Par les perles des vagues, gouttelettes

    Que les rouleaux au visage projettent

    Comme les derniers frissons blanchis

    Du monstre qu'ils ont englouti.

    Là-bas, la lune au dessus de l'eau frémit, claire,

    Comme une invite à noyer les pensées délétères.


    Ariane, au moins, te souviens-tu ?

     


    blog 0910

     

     

          ***      

    Pour les amateurs : Une image de clôture aussi sur l'autre blog

    (lien en accueil)


     

    LASIDONIE


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      Librement inspiré par la construction du si beau poème d'espérance de Paul Eluard : "Liberté", un texte sur un thème, dans une tonalité, tout autres...Je précise qu'il faut entendre NOUS au sens large, chacun y met le sens ce qu'il veut !

     



     

    Papyrus-seches.jpg  

     

     

    Sur mes mots désertés

    Qui s’étiolent fanés

    Sur mes rivages oubliés

    Mes petits chemins contournés

    Sur l’espace étoilé

    De mes cieux embrasés

     

    J’écris ton Nom

     

    Sur une main tendue

    En chanson impromptue

    Sur mes espérances indues

    Aux  rêveries in- convenues

    Sur toute heure perdue

    Pour des blessures bues

     

    J’écris mon Nom

     

    Et par mon impuissance à conjuguer

    Tous ces verbes mourant à l’imparfait,

    Temps d’un passé décomposé,

    Du présent soudain l’étranger

     

    Par tout ce qu’il déchire

    Pour la perte du rire

    Et l’ heureux à proscrire

    Qui dans mon coeur expire

     

    J’efface ce pronom 

    tricoté d'illusions

    Un pronom fou

     Nous


     

    verre-brise.jpg

     

     

    Lasidonie


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    Il suffit parfois de RE-GAR-DER...

     

     

    Le soleil s’est fait discret,

    Dans le halo d’un rayon

    Jouant à cache-cache, amusé,

    Avec les brumes de saison.

    De mon esprit chagrin ayant pitié

    Ses parures majestueuses

    Il a choisi de dévoiler.

    « Du beau ne sois frileuse

    Dit-il, ouvre les yeux »

    Dans un rougeoiement torrentiel

    Avant d’aller En père généreux

     de l’autre côté du ciel

    D’autres coeurs faire vibrer.

    La chaleur de ce message

    dans le mien j’ai enfermé

    Afin que m’en parvienne,

    dans le sombre d’un voyage,

    un peu de son ardeur ancienne.

     

    Lasidonie

     

     

    ciel-rouge.jpg  





    ou d'ECOUTER

     

    L'actualité a rattrapé ce texte écrit il y a quelque temps déjà .. En le relisant POUR SA PUBLICATION, j'ai entendu  chanter mieux que moi la vie :  Jean Ferrat...

     

     



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    Le vent chantant s’en est venu souffler l’ailleurs

    Sur les frêles pétales et feuilles fragiles

    Des coquettes du jardin aux senteurs subtiles

    Sans méfiance étourdies d’une caresse au cœur

     

    Et s’envolent belles étonnées du voyage

    Vers des cieux aux couleurs de l’hiver malveillant

    Secouées malmenées par le souffle géant

    Hier si doux, crachant ses rafales sauvages


    vent-et-pluie.jpg  

    Leur cœur dépouillé, mis à nu, faible ressort

    D’une vie qui bientôt ne sera plus, s’agite

    Se courbe sous les claques mais encore palpite

    Espérant la clémence du semeur de mort.

     

    Leur ennemi, poussé par des forces obscures

    Gagne d’autres rivages, par d’autres chemins,

    Et jette au passage quelques trésors au loin,

    Ici volés, arrachés, là-bas vie future !

     

    Le vent nouveau s’en est venu bercer le grain

    Qui sous peu lèvera à la saison nouvelle

    Et dans les prés, au jardin, souriront les belles

    Au soleil, à la vie, en oubliant demain.

     

    LASIDONIE

    10 octobre 09


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    Une création numérique parue sur le blog photographique ( voir 13 dec. : "de la coupe aux lèvres" ) m'avait inspiré quelques idées.... étoffées  ici  sous forme de texte poétique. 

    bouteille-2-copie-1.jpg



     

     

     

     

     

     

     

     

     

    coupe 2





     

     

     


     

     

     


    Liqueur amère

     

    Versez, versez moi de cette liqueur divine

    Aux reflets dorés dans la coupe cristalline

    Que tournoie ma tête, que chante mon esprit

    Pour l’homme et la femme, par l’amour réunis.




    Versez encore de cet étrange breuvage :

    " Ô J'ai froid " : une voix parvenait de l'ombrage

    Une autre reprenait " serre-toi contre moi

    Ma large pèlerine t’enveloppera".


    Et coule dans les veines, coule le nectar

    File la rêverie, qui défie le hasard

    Avec les mots d’amour, la tendresse voilée,

    Des amants chuchotant dans les bulles moirées,


    Que tourne ma tête, que gémisse l’esprit

    Car s’insinue en moi un vieux philtre maudit :

    L’Amertume, des jours dégrisés l’orfèvre !

    La vue se brouille, la coupe vide à mes lèvres

      coupe trouble




    Les prismes des cristaux ont la morne clarté

    Des blafards soirs de lune aux amours abîmés

    Comme le ru qui sous terre finit sa course

    Ô que de mes pensées se tarisse la source !

     


    Lasidonie

     


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