• Tumulte et tourments : Se taire

     




    Laisser exister le chagrin retenu, dénouer le nœud qui entortille l’estomac, vrille l’esprit, obscurcit les minutes qui lui échappent, imperturbablement martèlent les distances d’avec ce que sa raison,  son cœur refusent d’assumer, qu’elle voudrait retenir…Oh ! Dire !

    Elle aurait voulu couvrir le  papier de ces mots qui l’étouffent, qu’elle doit contenir : les écrire serait donner vie à ce qui ne peut, ne doit pas exister ailleurs que dans le secret de la pensée. Alors, seulement, être capable de décrire ce mal qui dés le réveil, quel qu’en soit le moment, nuit noire ou petit jour, mord, envahit la poitrine, chemine dans la gorge, fait plisser le visage et se répand entre les paupières fermées. Banalité de l'expression populaire « verser des torrents de larmes » ! Pourtant ce qui se fraie un chemin du cœur aux yeux, qui échappe à tout contrôle, toute volonté, secoue tout le corps, ressemble bien à cette eau dévastatrice charriant avec elle débris des rêves morts ou bientôt morts.

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    Ce n’est pas une eau claire, purificatrice, celle  qui s’enfonce, absorbée par les profondeurs, nourriture d’une terre qui renaîtra, revivifiée. Non, c’est une eau grise sans cesse alimentée par un tourbillon d’images, un passé toujours présent en soi qui ne veut pas céder la place. Elle en a mal à en crier, sa pensée s’anéantit dans les sanglots, le vide s’installe. N’existe que la sensation d’être tout entière contenue dans ce flot qui s’échappe, cogne, secoue le corps recru de fatigue, recroquevillé dans son repli du monde, fœtus refusant la vie. Par instants la lucidité revient, si pitoyable, affaiblie, confrontée à l’absurde : Rien ne pourra changer de ce qui est. Sa mémoire semble assoupie, compatissante. Un répit… Quel leurre ! Un écho soudain : mot, bribes de musique, couleurs d’une image, redonnent au torrent toute sa force, sa violence. Dormir, dormir, elle l’appelle avec désespoir le sommeil, le supplie de la guider hors des frontières de cette douleur qui n’en finit pas, vers le noir absolu, le trou noir avaleur d’étoiles...

    LASIDONIE
    6-12-07

     

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  • Commentaires

    9
    Vendredi 18 Janvier 2008 à 11:46
    Oui, il y a des instants comme cela, si noirs, mais il faut attendre avec calme, ne pas les refuser, les laisser s'user sur notre courage, les assumer et vivre notre patience d'être
    8
    Mercredi 16 Janvier 2008 à 00:09
    Ces mots là je pourrai les dire moi aussi .. ils ne sont véritablement compris que par ceux qui un jour ont connu cette envie de s'endormir pour échapper au réel trop lourd . 
    Mais la décrue vient avec le printemps n'est-ce pas ? et les premières fleurs ... et les jours qui rallongent ! amicalement. Nicole
    7
    Lundi 14 Janvier 2008 à 21:05
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    Bisous du lundi sous la pluie ! bonne soirée, christel
    nb: nous voilà de nouveau taonnés par les tortues ! un petit clic pour voter en bas d'article serait d'une aide précieuse !
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    6
    Lundi 14 Janvier 2008 à 18:48
    Il y a aussi des eaux "lumineuses."
    Bien des pensées vers toi l'Amie.
    Je t'embrasse.
    michel.
    5
    Lundi 14 Janvier 2008 à 14:20

    Que cette eau grise devienne limpide.

    Bisous Sido.

    4
    ABC
    Lundi 14 Janvier 2008 à 12:04
    "Le trou noire avaleur d'étoile..." Et pourtant je ne peux m'empêcher de penser qu'un jour l'étoile a brillé !
    3
    Lundi 14 Janvier 2008 à 09:53

    Que veux tu que je rajoute àce qui t'est déjà écris ?  Comme je voudrai que tu nous mettes des poèmes joyeux !!

     

    Bises !

    2
    Lundi 14 Janvier 2008 à 09:37
    Soupir.... ce texte est si beau et puissant, mais si triste.

    C'est toi qui te sent comme cela?

    Si oui, je vais penser à toi très fort et dis toi:  Qu'il faut laisser au temps, le temps, de faire son temps.  Plus facile à dire qu'à faire, mais crois-moi, le temps atténue tout.

    Bon lundi et bisous de ta p'tite cousine du Québec.
    1
    Lundi 14 Janvier 2008 à 06:56
    Je connais cette tempête interieure qui ruine le coeur et dévaste l'esprit...
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