• Un peu d'histoire littéraire : les mouvements poétiques du XX ème s (1)
     
     
    On ne peut parler du SURREALISME sans ce qui l'a précédé. Aussi cet article, demandé gentiment par Dan, débute sur les premières années du siècle, période de grande évolution dans tous les domaines artistiques, dont la guerre allait laisser son empreinte. Pas de cours ici, juste quelques notions.
     
    La poésie d'avant 1914
     
    Le symbolisme (Baudelaire pour ne citer que lui) avait déjà opéré des changements dans la poésie classique. A sa suite de nombreux écrivains ont posé, dans des manifestes, des questions sur ce qu'est la poésie ( Dan aussi?). Les revues se sont multipliées, les rencontres, cafés littéraires (on y revient avec les cafés philo ou psycho, etc.?) où se côtoient tous les artistes, écrivains, peintres, musiciens, à Montparnasse, puis à Montmartre (Cocteau, Matisse, Satie)
     
    1/ La poésie obéissant à la raison ou est-elle élan mystique ?
    2/La poésie doit-elle véhiculer des idées ?
    3/La poésie doit-elle rester claire accessible à tous («  populiste ») ou peut-elle être Hermétique ? (« Esotérique » celle de Mallarmé par ex.)
    4/La poésie doit elle continuer à suivre la tradition de la structure classique où s'en libérer : délire verbal, assonances, rythmique mélangée ou prose rimée.
     
    A ces questions chaque écrivain a répondu selon sa personnalité (F Jammes, Paul fort ?). Mais si la poésie reste chant, elle introduit de plus en plus le vers libre (plus court ou variable sans division nette en strophes. Deux exemples différents se détachent : Paul Valéry et Guillaume APOLLINAIRE
     
     P. VALERY (1871-1945)
    oeuvre principale "Charmes"
     
     
    Des idées métaphysiques souvent, au service de la poétique, une recherche de la musique, du perfectionnisme des mots choisis (sens exact images, rythme) une métrique classique mais sans grandiloquence, ni éloquence lyrique pure (Hugo). C'est l'Héritage du symbolisme, du romantisme, allié à la modernité. La clarté et la concision et la profondeur :
    «  Le don de vivre a passé dans les fleurs »
     (" le cimetière marin")
     ou  vers célèbre : « Le vent se lève, il faut tenter de vivre ».
     
     
    G. APOLLINAIRE
    Oeuvres : Alcools, Calligrammes
     
    Considéré comme le plus novateur et précurseur des Surréalistes. Il lui donnera son élan.Tout d'abord proche du symbolisme presque classique dans la versification, la sensibilité exprimée, vous connaissez tous :
     
     «  Sous le pont Mirabeau coule la Seine? »
     
    très vite il aspire à la  recherche d'une poésie innovante ( variation métrique, prose rimée) donnant à l'actualité, au quotidien sa place (inspiration aussi dans les brèves de comptoirs) pas ou peu de ponctuation avec une mise en forme surprenante, étrange : «  zone ».
     
     « Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
    Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux ».
     
    La peinture y est présente «  Moi aussi je suis peintre » dit-il. Poésie cubiste.
     Dans « Calligrammes » par ex. il propose visuellement un dessin fait de vers. Le plus connu « La colombe poignardée et le jet d'eau.
     
     Il fut entre autre l'ami de R. DELAUNAY premier pas vers la
    premier pas vers la peinture non figurative,



     de PICASSO, VLAMINCK Ou D'Henri ROUSSEAU (dit douanier Rousseau) pour lequel il a posé
     (Articles écrits sur le cubisme, illustration d'un recueil par R.DUFY)
     
     
     
     La guerre de 14/18 le touche de prés (trépané) : de nombreux poèmes ecrits à ce sujet dans « calligrammes ».
     Son rayonnement sur le milieu artistique de ces années (il meurt en 1918) fut très fort.
     
     
     
     
     
     
       Si je ne vous ai pas barbés...demandez la suite ...pour les surréalistes
     
     
     
     
    LASIDONIE
     

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      Soyez simplement spectateurs d'une journée finissante au bord de la mer  : le soleil couchant peintre habile transforme avec sa palette cette toile gigantesque en une explosion de couleurs

     

      la lumière décline

     

             Le ciel s'embrase, laissant entrevoir un peu de son

    bleu

     

     

      rosit

    avant de s'enrober d'or

     

     

     

    pour peu à peu terminer son oeuvre

         qui est devenue cette aquarelle

    photographique

     



         LASIDONIE


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    S'essayer à la poésie c'est ressentir le besoin d'exprimer, par les mots,  le silence habité. Ecrire c'est une façon de dire.

    alors ...dites à votre tour ...

     

     

     

     

     

    DIRE

     Ecrire pour me libérer de ce mal qui me tenaille le coeur.

    Ecrire pour évacuer cette douleur qui me ronge.

    Ecrire sans calcul, sans fioriture, sans strophe ni rimes.

    Ecrire pour te parler parce que c'est ma seule façon de te rejoindre.

    Ecrire pour te dire tout ce qui est tapi en moi et qui ne veut plus rester muet.

    Ecrire pour effacer mes doutes, glaner des certitudes.

    Ecrire pour obtenir des réponses qui ne viennent pas ou peu.

    Ecrire pour partager les chagrins

     

    Et atténuer son malheur.

     

     

    Dire je ne le peux pas ou ne le veux pas.

    Dire ce serait me trahir, dans le bon comme dans le mauvais.

    Dire ce serait lever un voile commode qui permet de tout supposer.

    Dire ce serait peut-être mentir et je préfère l'éviter.

    Dire, c'est si difficile, car on ne peut plus revenir en arrière.

    Dire c'est quand les mots trop retenus veulent jaillir seuls.

    Dire c'est avoir besoin que l'autre comprenne.

    Dire c'est aussi une façon de se lier

     

    Et faire partager son bonheur. 

     

    Ecrire?Je suis seule face à moi-même.

    Dire, ce serait manquer de pudeur.

     

     

    LASIDONIE

     

     

     


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  • Une rediffusion de mes débuts, un peu de légereté pour compenser les lourdeurs" précédantes...

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     "Il faut toujours se reserver le droit de rire le lendemain des idées de la veille " NAPOLEON

     

    Partant de cette maxime pour emboiter le pas d'APOLLINAIRE je me disais en pensant à mon texte de l'autre jour :

     

    -- " mon vers s'est cassé comme un éclat de rire"!

    --Ton" rire sucre les larmes"" m'a répondu SABATIER

     

     et lui faisant écho HUGO me dit : 

    --"L'éclat de rire est la dernière ressource de rage et de desespoir".

     

    Du desespoir j'en avais en songeant aux sottises écrites dans un moment de blues ! Et me sont revenues à l'esprit ces paroles ô combien adaptées à mon état d'esprit, celles de NIETZSCHE :

     

    --" L'homme souffre si profondément qu'il a dû inventer le rire " !

     

    alors j'ai replongé dans une vieille B.D. et... j'ai ri, j'ai ri...Et mes amis ont ri aussi.

     

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       Quel soulagement, n'est ce pas Gaston, de pouvoir réfléchir, ou...dormir, sans l'énervant petit bruit qui martèle votre esprit au point de n'entendre que lui !   BZZ, BZZ ou RRR.pfit, RRR.Pfit, ou clic,ploc,clic ploc, splash !

     

     

    Entre amis, me chuchota à l'oreille NIETZSCHE,

     

     " Il est beau que le silence soit d'or,mais le rire bon et frais l'est beaucoup plus encore "

     

     

    LASIDONIE

     


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    Aprés la Perse, et sa philosophie, un petit tour du côté de chez nous, au moyen âge et 16ème s. avec quelques courts poèmes ou extraits, consacrés au même thème : Le temps  source de tristesse, ou invite  à suivre  EPICURE ! EPICURE !

     

     

    C'est avec Guillaume de Lorris  qu'apparait  en France l'allégorie de la Rose (le ''roman de la rose'' 1230), jeune fille, mais aussi image du temps qui passe, que reprendra Ronsard.x

    Quelques images :  nos enluminures , nos tapisseries,  pour illustrer cette époque courtoise.

      Fevrier   Août,  "les très riches heures du duc de Berry"
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    Le temps qui s'en va nuit et jour

    Sans repos prendre, sans séjour,

    Qui nous fuit d'un pas si feutré

    Qu'il semble toujours arrêté,

    Immobile en un même point,

    mais ne cesse de se mouvoir

    Au point qu'on ne peut concevoir

    ce que c'est que le temps présent

     

    ...........


     

    Le temps, qui ne sait séjourner,

    mais  va toujours sans retourner,

    comme de l'eau qui descend toute

    Sans que jamais remonte goutte

    ..........

    Le temps qui toute chose change

    Qui fait tout croître et tout nourrit,

    Et qui tout use et tout pourrit .

     

    G.de LORRIS ( ''Le roman de la rose'' extraits)

     


    _____________________________________________________

     

    rose_1.jpgPlus ne suis ce que j'ai été

     

    Plus ne suis ce que j'ai été

    Et plus ne saurais jamais l'être.

    Mon beau printemps et mon été

    Ont fait le saut par la fenêtre.

    Amour, tu as été mon maître,

    Je t'ai servi sur tous les Dieux.

    Ah ! si je pouvais deux fois naître,

    Comme je te servirais mieux !

     

    Clement MAROT 1496-1544 (Rondeaux)

    ____________________________________________________________

     

     

    Si notre vie est moins qu'une journée

    En l'eternel, si l'an qui fait le tour

    Chasse nos jours sans espoir de retour

    Si périssable est toute chose née,

    Que songes-tu, mon âme emprisonnée ?


    J . Du BELLAY (1522-1560)

    ________________________________________


    Ores que je suis dispos,



    Je veux rire sans repos,

    De peur que la maladie

    Un de ces jours ne me die

    Me happant à l'impourvu :

    "Meurs, galant : c'est trop vécu ! "

    Versons ces roses en ce vin,

    En ce bon vin versons ces roses,

    Et buvons l'un à l'autre,  afin

    Qu'au coeur nos tristesses encloses

    Prennent en buvant quelque fin.


    RONSARD 1524-1585 ( chansons épicuriennes )


    LASIDONIE


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  •  

    Le temps qui tourne comme le manège que nous voudrions saisir en vain ou retrouver ( voir mon article : musique madelaine de Proust)) , thème millénaire que bien des poètes ont évoqué , évoqueront encore. J'en ai trouvé trace dans les quatrains du philosophe et poète persan médiéval, OMAR KHAYYAM. La Perse, l'orient ont fasciné bon nombre de nos écrivains de Voltaire, Montesquieu à Baudelaire, entre autres.

     

    Omar Khayyâm

     

     

    Quatrains ( extraits)

     



    Le temps s'échappe à tire-d'aile?
     Sois sans peur.
     Et l'heureux sort n'est pas éternel? 
    Sois sans peur. Profite de l'instant que te vaut la Fortune. 
    Sans regret, sans regard vers le ciel, 
    sois sans peur.

    ____________________________________


    Aujourd'hui sur demain tu ne peux avoir prise.  
    Penser au lendemain, c'est être d'humeur grise.
     
    Ne perds pas cet instant, si ton coeur n'est pas noir 
    car nul ne sait comment nos demains se déguisent

    (2) Variante: Tu n'as pas ajourd'hui de prise sur demain, Mais y songer c'est se donner l'esprit chagrin. Ne gâche pas l'instant tandis que ton coeur veille: Ce qui te reste à vivre est encore incertain. (Trad. M. Farzaneh et J. Malaplate, tiré de "Les Chants d'Omar Khayam", S. Hedayat, édition J. Corti.

       

     

    Cette roue sur laquelle nous tournons
    est pareille à une lanterne magique.

    Le soleil est la lampe;

    Le monde l'écran ;

    nous sommes les images qui passent. 



    Entre la foi et l'incrédulité, un souffle ;
    Entre la certitude et le doute, un souffle.

    Sois joyeux dans ce souffle présent où tu vis,

    car la vie elle-même est dans le souffle qui passe.

     

     

     

     

     Tu n'es pas futile, ne t'afflige pas en vain.
    Ce qui fut est passé, ce qui n'a pas été n'apparaît point encore,

    Prends ton plaisir sans t'affliger de l'un ou de l'autre. 
       




    LASIDONIE

     

     


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    A mes lecteurs

    Vous, mes chers visiteurs d'un soir, laissez moi vos impressions, votre regard est précieux ...

     

     

     

    J'ai cité recemment Shelley comparant le poète à un rossignol, seul face à son chant (voir "impressions musicales") !

    Que de correspondances  s'établissent ainsi spontanément : musique, mots, rêverie, oiseau, mer, solitude ! Parfois on coupe les ailes des poètes, on les enferme dans une inspiration téléguidée, et parfois on les fait taire. Mais peut-il y avoir inspiration sans liberté ?

    Un oiseau doit être libre de choisir son ciel!

    En chacun de nous il y a un rossignol qui ne demande qu'à chanter. Vous rappelez vous la chanson ""chante rossigol chante, toi qui as le coeur gai "..Est-ce que le rossignol en nous est toujous gai ?... Il y a des moments de tristesse, heureusement passagers, où le ciel s'assombrit et l'oiseau se tait...

     

     

     


    LASIDONIE


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  •  

     

       Beaucoup de déboires avec mon blog depuis hier ! Toujours cette maudite technique ! Un nouvel article donc demain.

    Mais je vous livre ce soir : Deux pensées que j'ai méditées

     

    "Travail et application sont les ailes franchissant fleuves et collines. J. Fischart '" ( 1546-1590)

     

      J'espère que mes ailes seront assez solides...

      

    "Le travail fatigue même les ânes". Mateo Aleman ( écrivain espagnol, 1547*1614 ).

     

       Je suis donc bien fatiguée...

     

     

    LASIDONIE

     


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