•       Chez nous, dans le midi, il est un vent qui balaie tout sous sa violence. Il est féroce, froid, soulève les vagues, mais il triomphe des nuages noirs venus de l'est et nous laisse un ciel magnifiquement azuréen.: Le mistral. Parfois,dans nos têtes aussi des rafales,et puis...    

    Le fanal

       

    Mon corps est devenu banquise.
    Un vent rageur a dévasté
    Le havre trop heureux où reposer
    Tordu jusqu’au délire l'esprit qui s’épuise.

     

    Comment résister aux rafales qui m’emportent
    Sur l’océan gris des souvenirs morts ?
    Les tourbillons me poussent loin du port
    Dans une valse noire d’images en cohorte.

       
       

    Semblable aux  Erynies, l’immensité
    Engloutit la rose écume de bribe heureuse,
    Aspire, mais rejette ce frêle radeau, furieuse
    De n’avoir pu encore le réduire au passé.

       

    Car là-bas un fanal
    Bien au loin dans la brume
    Timidement s'allume
    Prévient mon naufrage fatal

         

    Repoussant les trop vifs assauts du froid,
    Cette chaleur lumineuse c'est toi.

     
     
     
     
     
     


    Lasidonie

             


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    Un très Grand parmi les Grands : Jacques Brel, je lui donne toute la place aujourd'hui, avec un texte poétique qui me touche tout particulièrement. Tous les écrits sont magnifiques, la vie crue y est criante de vérité. Celui-ci célèbre l'amour absolu, la recherche désespérée mais tenace de l'idéal, personnifié par Don Quichotte.

    Un peu le regard de lunatique tourné vers la lune...

     

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    La quête 
            
     
    Rêver un impossible rêve
    Porter le chagrin des départs
    Brûler d’une possible fièvre
    Partir ou personne ne part.
     
    Aimer jusqu’à la déchirure,
    Aimer même trop, même mal,
    Tenter sans force et sans armure
    D’atteindre l’inaccessible étoile
     
    Telle est ma quête
    Suivre l’étoile.
    Que m’importe mes chances
    Que m’importe le temps
    Ma désespérance.
    Et puis lutter toujours
    Sans question ni repos,
    Se damner pour l’or d’un mot d’amour.
     
    Je ne sais si je serai ce héros
    Mais mon cœur serait tranquille
    Et les îles s’éclabousseraient de bleu
    Parce qu’un malheureux
    Brûle encore
    Bien qu’ayant tout brûlé
    Brûle encore
    Même trop, même mal
    Pour atteindre
    A s’en écarteler
    Pour atteindre
    L’inaccessible étoile.
                                        
      J.Brel
     
    La pochette du c.d est une réalisation de :
    LASIDONIE

     

     


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    Un bouquet de bisous aux multiples facettes

     

     

     Une histoire de Bisous

     

     

    D'abord il y a

     

    Le bisou banal, signature en multiples exemplaires de ces cartes postales envoyées de vacances, finale convenue de quelques mots griffonnés à la hâte entre deux visites,ou

    Le bisou amical celui ci, pour clore une petite conversation téléphonique. 

    Puis il y a

     

    Le bisou chaud, délicat, que l'on dépose sur la joue de l'enfant, pour un petit calin et le bisou rassurant, prolongé, du dodo pour le tout petit qui ne peut s'endormirou

    Le bisou affectueux, tendre, adressé à ceux qu'on aime et qui sont loin, parents, fils, filles. 

    Ensuite il y a

     

    Le bisou d'amour que les jeunes époux échangent à tout instant, comme ça, pour rien, pour le plaisir, pour se montrer qu'ils s'aiment,ou

    Le bisou rituel du soir, échangé pour une bonne nuit souhaitée lorque l'habitude s'est installée dans le lit d'un vieux couple.

     

     Enfin il y a

     

    Le bisou timide, à la douceur déguisée,  parfois même s'habillant de  pluriel, qui se cache derrière la bise amicale, mais discret et si secret !

    C'est celui qui recèle des trésors , riche de futurs qu'il ne peut ou ne veut dévoiler !

    LASIDONIE

     

     

     

     

     

    LASIDONIE


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     Parfois le rêve tourne au cauchemar


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     Voici une page d'un journal, que je ne nommerai pas, un de ceux que l'on feuillette en attendant le verdict du dentiste, ou les promesses de rajeunissement de la coiffeuse ...

    La cohabitation de ces "infos" sur une même page, voila qui relève ou de la provocation, ou de la nécessité de caser les articles pour boucler la page. Je pencherai plutôt pour la deuxième hypothése !

     

    Précision : L'encart rouge n'est pas du journaliste, vous l'aurez compris.

     

     

    Un rappel de l'article illisible sur la photo :

     "Aprés trois ans de guerre civile entre les rebelles et le gouvernement Soudanais le bilan humain dans cette région de l'ouest du Soudan s'apparente à une catastrophe humanitaire. Depuis 2003, 300.000 morts et plus de 2 millions de déplacés"..."Khartoum refuse toute ingérence de la part de la communauté internationale"

    Quant au parfum, il a été recréé d'aprés celui du parfumeur de Marie-Antoinette, JL. Fargeon 

     

    Je n'ai rien contre les parfums, ni contre Marie-Antoinette. Mais  la famine, la désolation, la mort, accolés à l'insouciance, à la richesse...Choc ! Deux mondes !


      "Le seul intêret de l'argent est son emploi"

    Benjamin Franklin

    "La seule chose qui permet au mal de triompher c'est l'inaction des hommes de bien"

    Edmund Burk


    LASIDONIE


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    En participant ces derniers jours aux acrostiches j'ai retrouvé celui de Musset !

     

     

     Musset s'adresse à Georges Sand

     

    MUSSET :

    Quand je mets à vos pieds un éternel hommage

    Voulez-vous qu'un instant je change de visage

    Vous avez capturé les sentiments d'un coeur

    Que pour vous adorer forma le créateur

    Je vous cheris, amour, et ma plume en délire

    Couche sur le papier ce que je n'ose dire.

    Avec soin de mes vers lisez les premiers mots

    Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

    SAND :

    Cette insigne faveur que votre coeur réclame

    Nuit à ma renommée et répugne à mon âme.

     

       Occasion de flânerie dans cette poésie romantique.  Voici un court poème différent : aucun des thèmes habituels sur la nature, le temps, les regrets ! Mais  Désir, espoir, illusion, vie, bien des idées décortiquées avec sécheresse par les penseurs ! Quelques vers suffisent à un poète pour en donner son appréciation.

     

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     Une ILLUSION, UNE REVERIE

     

     

     

     

    IMPROMPTU

     

     

    Dieu l'a voulu, nous cherchons le plaisir.

    Tout vrai regard est un désir ;

    Mais le désir n'est rien si l'on n'espère ;

    Et d'espérer c'est une affaire.

    C'est pourquoi nous devons aimer l'illusion.

    Béni soit le premier qu sut trouver un nom

    A ce rêve charmant, cette demi-folie

    Aussi vraie après tout que la réalité.

    A ce rêve enchanté

    Qui ne prend de la vérité

    Que ce qu'il faut pour faire aimer la vie !

     

     

     

     

     

    Alfred de Musset (Poésies posthumes)

     

     

     

     

     

     

     

     

    LASIDONIE


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    Dualité
     
     
     

     

     
    D’or sont mes cheveux,
     
    Les tiens sont d’argent.
     
    La lumière s’y reflète un peu
     
    Pour marier l’or et le temps.
     

     

     
    Ton regard est d’or
     
    Le sien est de feu
     
    Il te brûle, te tord.
     
    O, Tourne vers moi tes yeux !
     

     

     
    Ils verront dans mon sourire
     
    Tout l’or et l’argent
     
    Tout ce qui me fait frémir,
     
    D’émerveillement.
     

     

     
    Argent ou or qu’importe
     
    L’eau éteint le feu
     
    C’est elle la plus forte
     
    Des deux.
     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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     LASIDONIE 


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       Et si nous refaisions connaissance de ces beaux textes du moyen-âge tombés dans l'oubli ! Notre langue a évolué, s'est enrichie d'apports étrangers, mais un retour aux sources de ces tournures un peu naives comme c'est rafraîchissant !

      Voici donc un poème de BERTRAND de VENTADOUR ( vers 1200), fils de boulanger, protégé du vicomte de Ventadour. Devenu troubador D'Alienor d'Aquitaine et du comte de Toulouse, il chante l'amour courtois.


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    Ce n'est merveille si je chante

    Mieux que nul autre troubadour.

    Le coeur est ouvert à l'amour

    Et mieux suis s'il me commande

    Coeurs et corps et savoir et sens.

    Force et pouvoir en lui j'ai mis.

    Ce qui me tire vers l'amour

    Fait que rien d'autre ne m'atteint.

    Il est bien mort qui ne sent pas

    D'amour au coeur la saveur douce !

    Et que vaut la vie sans amour.

    Ne sert qu'à ennuyer les gens !

    Ah, je prie Dieu qu'il m'aime tant

    Que ni jour ni mois je ne vive

    Si j'ennuie ou s'il m'arrive

    D'oublier d'amour le talent...


    (la ponctuation étant sommaire je l'ai rajoutée pour une lecture plus aisée)


     

    Lasidonie


     La photo est un montage:  incrustation d'un troubadour dans une rose retravaillée


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    Que serions nous si nous n'étions que Raison ? L'intérieur d'une coquille desséchée...Laissons de temps à autre flotter nos émotions, elles nous enrichissent, tant pis pour les Philosophes , Aristote, Pascal, Spinoza et les autres...
     
     
     
    Que deviens-tu
     
     
     
     Que deviens-tu, amie ?
     Déjà lasse de tes écrits fréquents
     Il y a peu ! Serait-ce donc l'oubli ?
     Vas-tu invoquer le manque de temps ?
    Ou l'orage, ou la pluie ?
     Ou le soleil devenu trop brûlant ?
     
     
     Je souhaitais, au delà de l'espace
    Que ce tout petit lien nouveau résiste
     Et grave en nous sa trace,
     Lumineuse partition duettiste !
     L'ombre gagne et prend place !
     
     Qu'en penses-tu, amie ?
     Comme dis le poète, avec le temps va...
     C'est fini ? englouties
    les trop naïves ressemblances ? Nos pas
     Se seraient-ils croisés en vain ? Ainsi
     Ames retrouvées, et perdues déjà !
     
    Dans le ciel je poursuis,
    Pour égayer mes mornes jours trop longs,
    les nuages éthérés vagabonds.
    Statiques ils ne fuient plus,
    Prêts à déverser leurs pleurs retenus.
     
    Mais... questions inutiles :
    Le présent seul importe,
    N'allons pas du futur cogner la porte !
    Tout cela est futile
    Il est sage de proscrire espoir, regrets,
    Et puis...philosopher.
     

     

     
     
     
    LASIDONIE

     

     


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