• Léo Ferré: Le temps, notre pire ennemi.




    Un coup de coeur pour ce texte magnifique de Leo Férré qui me va droit à l'âme, m'émeut à chaque écoute. Les thèmes, bien communs pourtant, ont ici une résonnance déchirante de par les mots les expressions et les images que la voix de Léo accentue.




    Avec le temps...
    avec le temps, va, tout s'en va
    l'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie
    l'autre qu'on devinait au détour d'un regard
    entre les mots, entre les lignes et sous le fard
    d'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit

    avec le temps tout s'évanouit

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    Avec le temps...
    avec le temps, va, tout s'en va
    mêm'
    les plus chouett's souv'nirs ça t'as un' de ces gueules
    à la gal'rie j'farfouille dans les rayons d'la mort
    le samedi soir quand la tendresse s'en va tout' seule


    Avec le temps...
    avec le temps, va, tout s'en va
    l'autre à qui l'on croyait pour un rhume, pour un rien
    l'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux

    pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous
    devant quoi l'on s'traînait comme traînent les chiens
    avec le temps, va, tout va bien

    Avec le temps...
    avec le temps, va, tout s'en va
    on oublie les passions et l'on oublie les voix
    qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
    ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid


    Avec le temps...
    avec le temps, va, tout s'en va
    et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu
    et l'on se sent glacé dans un lit de hasard
    et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard
    et l'on se sent floué par les années perdues- alors vraiment
    avec le temps on n'aime plus

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    Paroles et musique de Léo Ferré (1971)



                                                                   LASIDONIE

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  • Commentaires

    10
    Vendredi 2 Mai 2008 à 18:34
    " Avec le temps " n'est pas une chanson sur le temps qui passe, c'est une erreur récurrente - voir Aznavour dans ce cas qui en parle très bien. Juste un règlement de compte entre l'amour-haine de sa vie, sa seconde femme: Madeleine :)
    9
    Samedi 3 Novembre 2007 à 17:24
    Ah ! Léo ! Je l'ai vu 4 fois sur scène, au milieu de sa carrière et à la fin, dans des salles plus intimes. Mais jamais je n'aurais osé lui parler.
    8
    Vendredi 2 Novembre 2007 à 09:12
    C'est un texte extraordinaire.
    7
    Vendredi 2 Novembre 2007 à 08:31

    Réponse à Sido :

    La passion est "cérébrale" dans le sens où elle est déclenchée par un cocktail explosif d'hormones dans le cerveau dont l'effet, universel, dure 3 ans et s'estompe comme l'effet des autres drogues. Les mécanismes sont assez bien connus maintenant... Ils sont inconscients, c'est pour cela que tout le monde est concerné. "intellos" ou non, tout le monde est logé à la même enseigne ! La littérature et la poésie, dans toutes les cultures, ne parlent que de ça depuis des siècles ! Si l'amour et les émotions sont largement programmés il n'en va pas de même de nos sentiments qui sont sous l'influence de notre histoire individuelle ! 
    Dans la littérature et dans nos vies, les deux sont inextricablement mêlés et, je le reconnais, je taille à la serpe en disant que "la passion dure 3 ans" ! mais pour analyser il faut séparer, trier, cataloguer... Aux poètes ensuite de recoller les morceaux et de créer de blles histoires qui nous tiennent sous leur charme !...

    6
    Vendredi 2 Novembre 2007 à 00:51
    J'ai le disque de cette chanson qui nous fait vibrer à chaque écoute et bien d'autres encore, un grand bonhomme par le talent, il était  extra si j' ose dire, merci de nous le rappeler.
    5
    Jeudi 1er Novembre 2007 à 21:11
    C'est un très beau texte en effet, il avait l'art des mots, de la phrase, cette chanson ne peut laisser indifférent, c'est une complainte très nostalgique, bonne soirée bisous
    4
    Jeudi 1er Novembre 2007 à 18:11
    Alain : je crois que Léo ne l'ignore pas, les deux aspects sont présents dans sa chanson : la passion  ( ."..trainent les chiens") et l'attachement ( "les mots des pauvres gens, ...ne prends pas froid"). Mais le temps abîme même çà ! il y a le départ de l'un des deux aussi, et les souvenirs qui s'éffritent...Ton analyse "au scalpel" des sentiments humains, 3 ans reconductibles ( ouh, froid comme un bail ! ) pour satisfaire l'évolution ( pas besoin de passion pour çà ) me semble très cérébrale !
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    3
    Jeudi 1er Novembre 2007 à 17:43

    Ce vieux Léo a raison, la passion dure 3 ans ! C'est le temps que l'évolution a prévu pour qu'un couple puisse élever au minimum un enfant ! Mais les 3 ans sont reconductibles avec la même personne (mais il faut alors y mettre du sien de l'imagination et de l'intelligence...) ou une autre. Rien de choquant à cela, sachant que l'attachement peut prendre le relai de la passion ce que semble ignorer Léo !
    biz
    alai,

    2
    Jeudi 1er Novembre 2007 à 17:38
    J'ai écouté cette chanson dans la voiture en arrivant à la maison. Elle a sur moi des effets apaisant et à la fois déprimant. Curieux phénomène. Très très belle chanson.
    1
    Jeudi 1er Novembre 2007 à 12:47
    Magnifique poème! nous avions mis la chanson sur la Place, en juillet ou en août, on ne se lasse pas de ces paroles travaillées comme l'argile, pouce après pouce...bonne journée
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