• Le coup de foudre : Relire ses "classiques" !




    Comment mieux exprimer la naissance et les tourments de la passion amoureuse ? Cet extrait connu  du "PHEDRE" de Racine, bien qu'écrit dans une langue dépassée au XXI eme S. reste, dans le fond transposé, au plus de ce que peut éprouver n'importe quel amoureux, à n'importe quelle époque...Ce que la raison refuse au coeur, le coeur le vole à la raison !


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    Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;


    Un trouble s‘éleva dans mon âme éperdue ;
    Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
    Je sentis tout mon corps et transir et brûler.
    Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
    D‘un sang qu‘elle poursuit tourments inévitables.
    Par des vœux assidus je crus les détourner :
    Je lui bâtis un temple, et pris soin de l‘orner

    -------------

    D‘un incurable amour remèdes impuissants !
    En vain sur les autels ma main brûlait l‘encens :
    Quand ma bouche implorait le nom de la Déesse,
    J‘adorais Hippolyte ; et le voyant sans cesse,
    Même au pied des autels que je faisais fumer,
    J‘offrais tout à ce Dieu que je n‘osais nommer.
    Je l‘évitais partout. O comble de misère !
    Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.

    -------------------

    Vaine précautions ! Cruelle destinée !
    Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
    J‘ai revu l‘ennemi que j‘avais éloigné :
    Ma blessure trop vive a aussitôt saigné,
    Ce n‘est plus une ardeur dans mes veines cachée :
    C‘est Vénus tout entière à sa proie attachée.


    Jean Racine (Phèdre)



    LASIDONIE

    « Arrêt sur la "carte du tendre" imagée.Le saule et l'hirondelle »

  • Commentaires

    13
    Maria-D
    Samedi 26 Janvier 2013 à 14:33
    c'est si beau... c'est si fort Phèdre... j'en fut tellement bouleversée lorsque je lu ceci au lycée que je m'étais dit : si un jour j'ai une fille je l'appellerai ainsi... un coup de foudre j'eus lorsque je vis son père... mais ma fille ne s'appelle point Phèdre... "heureusement" me dit-elle. Merci pour cette beauté... j'en suis toute émue
    12
    Dimanche 15 Février 2009 à 18:49
    jolie poésie de jean racine un homme de bel écries.
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    11
    Mercredi 11 Février 2009 à 18:32
    Un vrai régal ! Tiens, je m'en vais relire Phèdre ! Tu as réveillé mon souvenir, chère Sido. Ah ! ce Blog est bien celui de la " bonne compagnie " !
    10
    Dimanche 8 Février 2009 à 12:03
    "Vénus toute entière à sa proie attachée", comment mieux parler de "l'attachement", en effet ! Encore plus que de parler de l'attachement, Racine est le chantre de ce que l'on n'appelait pas encore, à l'époque, le "coup de foudre", Phénomène universel qui rend Racine de tous les temps ! bise alainB
    9
    Samedi 7 Février 2009 à 19:19
    tu as un faible pour les classiques? mais faut dire que tu les prends beaux ! bisous
    8
    Samedi 7 Février 2009 à 18:33
    pourquoi "dépassée" cette langue sublime ne le sera jamais, merci de la remettre à l'honneur !
    7
    Samedi 7 Février 2009 à 09:18
    Que dire "après" (rires) Que ta journée soit lumineuse ma très précieuse Amie.
    6
    Vendredi 6 Février 2009 à 21:06
    Du grand art, les hommes ne craignaient pas les émotions qui les envahissaient et ils savaient l'écrire merveilleusement bien. Tu as raison de nous faire relire ces vers d'antan, la qualité est toujours d'actualité. Bon we Sido bisous
    5
    Vendredi 6 Février 2009 à 21:03
    Du grand art, de la qualité, ils avaient l'émotion à fleur de peau et n'hésitaient pas à l'écrire, j'apprécie ce retour d'antan, tu as raison de nous donner l'occasion de relire ces vers magnifiques et passionnés. Bon week end bisous
    4
    Vendredi 6 Février 2009 à 19:00
    Un classique qu'il me plait de relire chez toi Sido, sous les pétales chatoyantes de cette nouvelle création numérique si pleine de promesses... Je t'embrasse
    3
    Vendredi 6 Février 2009 à 10:33
    Eh bien, si nous étions tous ainsi, nous serions, depuis belle lurette, consumés par les feux de l'amour !!!!!!!! :*
    2
    Vendredi 6 Février 2009 à 07:22
    Merci Sido de me faire découvrir cet extrait de Phèdre. C'est très beau et tu as raison intemporel. J'aime ta rose qui a pali. Bises
    1
    Vendredi 6 Février 2009 à 07:05
    Une bien belle langue pour un tourment qui sera actuel de tous temps.
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