•  Ce texte écrit pour "la Nuit de l'écriture" devait respecter 4 consignes : Un bruit récurrent, l'évocation d'un  numéro, un secret de nuit et la phrase " ils font les mêmes pour les hommes ? ". Il devait être rédigé entre 19h ( annonce du sujet) et 7h ( limite d'envoi) du matin suivant et comporter de 5000 à 6000 caractères.
    Pour ne pas lasser la lecture je le publie en deux parties.


     

      Le soleil venait tout juste de sombrer au loin dans la ligne frangée qui délimitait la mer et l’horizon.  Lulu, immobile, avait suivi son déclin. Ce spectacle sans cesse renouvelé ne la lassait jamais. Elle avait « son siège », un énorme rocher plat dominant la plage  qu’elle avait découvert un jour, en flânant. Il était parfait ce fauteuil d’orchestre, juste en face du point de fusion. C’est le mot qui lui venait à l’esprit pour désigner le minuscule cercle orangé s’évanouissant au contact de l’eau. Fusion de deux éléments, unis en une fraction de seconde. Ce soir avait été particulièrement fabuleux ! Le ciel lourd de nuages en certains endroits, donnait à la toile de fond, une variété inouïe de formes, qui peu à peu se chargeaient de teintes de plus en plus chaudes.  Les rayons or irradiaient en transparence, balayant l’écume tels les spots d’une gigantesque scène de théâtre. Lulu médusée savourait….Orange, or, blanc nacré, rose, cédant la place au rouge flamboyant. Le brasier géant semblait avaler les derniers points violacés du ciel tandis que le disque solaire peu à peu s’enfonçait pour n’être plus qu’un demi cercle de plus en plus réduit. Lulu ne pouvait détacher ses yeux de cet endroit où  l’union du feu et de l’eau avait eu lieu.


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      Le feu et l’eau ! Image de nos deux caractères pensa Lulu. Le visage de Damien traversa son champ de vision, et cette seule pensée déclencha les battements désordonnés de son cœur. Elle l’entendait cogner dans sa poitrine, une sorte de basse sourde continue, audible jusque dans ses oreilles. Damien c’était son brasier, une étincelle suffisait à déclencher en lui des explosions de bonheur démesuré, ou  des flammes d’agressivité incontrôlée. Imprévisible volcan dont elle avait du mal à calmer les ardeurs. D’autres images déferlaient en vagues successives dans sa tête. Leur rencontre, un soir d’anniversaire auquel l’avait invité une amie de faculté, ce regard accrocheur, insistant qui l’avait enveloppé pour ne plus la lâcher. Puis ces rendez-vous qu’il lui avait presque arrachés, impatient de la revoir, et peu de temps après l’évocation de leur futur mariage lancée à la volée comme si cela allait de soi, sans discussion. Dés ce moment le bruit à l’intérieur d’elle-même avait commencé ! Elle se sentit ce soir là comme prisonnière ; elle en avait été à la fois heureuse, et inquiète sans trop savoir pourquoi.

    (A suivre, demain)

    LASIDONIE

     


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  •   La vision  de ces cités  d'un autre temps, de ces pans écroulés,  de la nature noircie  sous les colères de la terre, ces tableaux de désolation suscitent les pensées...Une lecture au premier...ou au second degré !


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    Mur d’incompréhension, édifié au milieu de ruines que l’on ne partage même plus, pierre à pierre fissurées ! Le vent de la colère s’y infiltre, la poussière ensevelit les vestiges d’un passé jadis coloré aux teintes fluctuantes mais agréables. La pluie de désolation versée sur les souvenirs heureux les noie, ils ne sont plus que frêles îlots dans ce délabrement progressif. Tout a vacillé, les repères ont disparu ! La fringante maison lumineuse, pleine de bruits joyeux et de rires n’est plus. Les seules paroles qui l’animent sont les échos des voix qui n’échangent plus rien, monologue terrifiant, soliloque des rancoeurs accumulées, ou retentissement de tonitruants éclairs orageux. Les quelques pierres encore debout tremblent sous ces tornades impétueuses
    .

       Spectacle affligeant d'abandon, que l'on voudrait, au plus profond des ravages causés, voir se transformer. On cherche avec espoir les débris avec lesquels rebâtir un abri moins idéal mais sécurisant. Hélas n'est pas architecte, archéologue ou maçon qui veut, on s'y essaie, si maladroitement que la solidité n'est pas au rendez-vous !


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     Recommencer, inlassablement remonter la pente comme Sisyphe? Energie qui abandonne, découragement. Un sursaut de volonté. Encore le doute : Y a-t-il réellement une once de réalité dans l'espoir d'une renaissance ? Epuisant questionnement ...


    …Après l’incendie parfois la nature se réveille.

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    D’autre fois elle n’émerge plus des cendres….Notre image !

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    LASIDONIE

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  • Atelier d’écriture ludique : "ce matin là"

     

    Consigne : Ecrire la suite en faisant  re- apparaître les éléments principaux de ce qui précède (Léa et son compagnon, pressés, se rendent en voiture à l’église pour soutenir un ami venant de perdre un proche. Dans un dépassement la voiture fait un tonneau). On peut lire le début du récit ici :

     

     http://valerieagalivres.over-blog.com/article-13064195.html


    Léa n’entend plus rien…Elle dort…

    Mais ce n’est pas un sommeil banal. Les bruits autour d’elles n’existent plus, il est vrai, ses yeux lourds sont clos, mais la sensation est là dans son corps, dans son esprit. Une sorte de bien être cotonneux, vaporeux, et des images, une abondance d’images comme autant de tableaux défilant dans l’encadrement des vitres d’un train, entraînées par la vitesse ! 

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    Pas le temps de distinguer les détails,  juste l’empreinte de couleurs, de formes lointaines. Léa aimerait bien pouvoir disposer de plus de temps pour admirer. Le temps, il fallait toujours courir après lui, ou tenter de le devancer. D’ailleurs elle se demande ce qui l’a amené dans ce wagon, pourquoi elle se sent tout à coup si détendue, elle qui du matin au soir s’agite pour faire face : le boulot, l’école des enfants, et les courses du samedi ! Et puis caser quelques moments de tête à tête avec Steve, quelques dîners avec les copains, sans oublier belle-maman !

    --Comme je suis bien, se dit Léa, dommage quand même pour le paysage ! Trop vite, vraiment trop vite ! J’aperçois un bleu turquoise là bas déjà remplacé par de l’ocre vif, serait-ce la mer et la côte rocheuse ? La mer ! Il faudra que je dise à Steve de téléphoner à Fabrice, on a passé chez lui de super vacances ! Les enfants ont adoré…Sa maman elle aussi était ravie d’être distraite de sa maladie par l’animation qu’ils ont semé ! J’espère qu’elle va mieux. Oh ! Un clocher ! Clocher, église…Pourquoi suis-je dans ce Wagon ? Il est souple, silencieux, je ne sens aucune secousse, comme c’est agréable de se laisser porter, flotter presque, une impression de bain doux dans une eau tiède ! La mer, Fabrice, les enfants, Steve, un clocher…

    Une image est venue obstruer celle qui agrémentait la vitre du train : un téléphone noir et le visage flou de Steve, blanc, trop blanc.

    ---Il faut que je me réveille, pense Léa, je dois rêver ! Notre combiné n’est pas noir, mais gris, et Steve, mon Steve, il a encore le hâle de l’été ! Je veux sortir de ce compartiment, cette mollesse, cette absence de bruits, ne me vaut rien. Pourquoi suis-je partie ? Pourquoi suis-je seule et dans un train ! On ne le prend que rarement, la voiture c’est quand même plus pratique, même si la circulation certains jours…

     

    « Hélas ! Je ne peux plus rien pour eux ! » L’ambulancier referme les portes du fourgon sur Steve et Léa. Ils ont fini de courir après les heures. L’éternité les accueille.

     

     


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    LASIDONIE


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  •    Ce jeu proposé par "écriture ludique" consistait à utiliser le maximum de ces titres de livres.

    Camisole
    Cendrillon
    Chambre du diable
    Colère blanche
    Collègue tatouée
    Conjuration du 3ème ciel
    Cri de l'ombre
    Cui prodest (à qui le crime profite)
    Eau du diamant
    Eightball boogie
    Franc jeu
    Gardien du feu
    L'ange oublié : la cour royale
    Lacrima christi
    Chant de l'océan
    Le guérisseur et la mort
    Le temps n'est rien
    Le 3ème secret

    Ma soeur, ce boulet
    Macao blues
    Manuscrit de Pythias
    Mort de trouille
    Ombres mortes
    Paternel à mort
    Petit assassin
    Promesse du samouraï
    Rébus et le loup-garou de Londres
    Genèse : rupture dans le réel
    Sacrilège à Rome
    Sang et lumière
    Le secret de Moën
    Le temps des poisons
    La terre écorchée
    Toile sanglante
    Ursua



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     Voici les 25 titres placés dans ce récit…farfelu !!

     

      Je suis dans une colère blanche  je mettrai volontiers une camisole à  ma sœur ce boulet  qui me harcèle, m’occasionne de multiples soucis. Le dernier en date vouloir faire éditer une histoire farfelue, qu’elle écrirait d’après l’un de ses rêves étranges.


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    Elle se voyait en cendrillon égarée dans la chambre du diable, gardien du feu de l’enfer, à la recherche du manuscrit de Pythias, elle devait le rapporter au chef de la conjuration du 3eme ciel, société secrète décidée à révéler un sacrilège à Rome, et faire ainsi vaciller le pouvoir des prélats du pape. Ma sœur poussée par d’obscures forces avançait dans un dédale d’ombres mortes, le seul indice qu’elle possédait était cette énigme : l’ange oublié : la cour royale abrite l’eau du diamant. Selon elle l’ange oublié c’était le diable,  la cour royale, c’était à n’en pas douter  l’endroit où trouver le manuscrit, le « diamant ». Mais comment y parvenir ? Un long couloir  la faisait déboucher dans un réduit sombre qui la faisait frissonner, une étrange mélopée parvenait de la voûte « lacrima christi, lacrima christi Domine » leit motiv, sorte de cri de l’ombre qui la glaçait d’effroi ; en levant les yeux vers le plafond me dit-elle, elle vit une toile sanglante sur laquelle figuraient des personnages grossièrement dessinés, le guérisseur et la mort, sur fond de sang et de lumière. Son instinct lui fit penser que cette toile aussi était un indice, guérisseur- lumière de la révélation, mort –sang du sacrilège, mais elle n’était pas dans une cour, ni palais royal, s’était-elle trompée ? A ses pieds un sol non dallé, de terre nue, comme labourée,  de la terre écorchée. Cela l’intriguait. Contrôlant sa peur, me raconta-t-elle, elle fouilla des yeux la pièce et remarqua que la lumière du guérisseur désignait une fontaine sur la toile. Serait-elle prés du but ? Le 3eme indice, le diamant, 3eme secret, serait-il quelque part ici ? Elle ne voyait rien dans la pénombre, commençait à trembler de froid voulait rebrousser chemin. Soudain au milieu des lamentos « lacrima, lacrima, » elle entendit, jugez de l’absurdité de son rêve, « je suis Ursua, le petit assassin, pleurez, pleurez pour moi, j’ai divulgué le secret de Moën, me voici maudit pour la nuit des temps, mais le temps n’est rien, au regard de l’immensité de ma faute et de mes remords, j’ai fracturé la porte du temps des poisons, libéré leurs effluves mortelles ».  Lacrima, lacrima christi, les voix d’ombres mortes couvraient ces paroles. «  Pétrifiée d’horreur, me dit-elle, j’oubliai tout de ma mission, n’avais qu’une idée : échapper à ces chants funèbres, retrouver la lumière du jour, et courir, courir vers la mer pour me purifier l’esprit, écouter le chant de l’océan. Mais j’étais dans les entrailles des ténèbres, perdue. Je ne me souviens de plus rien d’autre ».

    Ce récit ahurissant me sembla bien influencé par le livre qui traînait encore sur sa table de chevet relatant la triste aventure de ce jeune basque de 17 ans, Ursua, qui sombra dans la folie dans sa quête d’ un trésor. Mais comment raisonner ma sœur, cette insistante illuminée, persuadée de tenir par là le point de départ de « l’intrigue du siècle » ?...C’est une autre histoire !


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    Lasidonie  4-09-07

     

      


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  •  Ce texte a été écrit dans le cadre de la communauté " écriture ludique", les phrases en gras sont imposées comme début et fin.

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    Une soirée à la campagne

     

      Les yeux fixés sur l’écran ils regardèrent la machine démarrer dans un silence religieux. Le rêve était devenu réalité, elle trônait là dans un prolongement du salon. Surtout ne pas la cacher ! Ils lui avaient aménagé avec empressement un bel espace. Pour cela il leur avait fallu mettre au grenier ce petit bibus déniché dans une brocante , qu’ils gardaient comme une trace de leur premiers pas de jeune mariés, Mais les années lui avait ôté ce qui embellit les vieux meubles ! Le malheureux était fait de matière bien moins noble que ces derniers. Plus moyen de lui trouver une place ailleurs : le temps avait coulé aussi sur leur vie et ils en avait amassé, des souvenirs ! Place à la nouveauté donc, elle les rajeunirait. C’est ainsi que l’on relègue les choses, comme on relègue au fond de sa mémoire ce qui gêne, mais qui n’est pas perdu, traverse un jour l’opacité de la pensée. Leur regard, dans l’instant, ne se préoccupait que de ce qu’ils découvraient, émerveillés. Elle avait beaucoup hésité, avant de se décider, mais leurs proches voisins ne cessaient de lui en vanter l’agrément. A la campagne, c’était vraiment une belle distraction, cette machine changerait leurs loisirs, ils en avaient peu. Elle aurait voulu lui faire la surprise pour leur anniversaire de mariage, mais il fallait bien expliquer le déménagement du bibus ! Tous deux, confortablement installés, admiratifs, suivaient maintenant les somptueuses images qui défilaient sur l’écran ! Et quel écran ! Une grande baie ouverte sur le monde qu’une musique ferait vibrer ! Rien de comparable avec ce qu’ils pouvaient voir sur le vieil ordinateur qu’ils avaient acquis il y a quelques années pour gérer leur exploitation. Ils suivirent ainsi, jusque tard dans la nuit, les programmes proposés, avec timidité puis, de plus en plus confiants, ils explorèrent toutes les possibilités offertes par ce téléviseur dernier né de la technologie.

    Il était temps pour elle d’aller se reposer : Les dimanches sont courts à la campagne. Elle regagna la chambre, lui souhaita bonne nuit, il la rejoindrait plus tard, encore quelques petites choses à régler. Elle dormait quand, avec la fleur qu’il venait de cueillir dans le jardin pour la remercier, il franchit le seuil. Il la regarda, ému. Le temps n’avait pas abîmé leurs sentiments. Doucement il referma la porte derrière elle, posa la rose sur sa table de chevet et alla s’asseoir devant son ordinateur.

     

                                                                  Lasidonie 29-09-07

     


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       Je n'ecris pas souvent de textes en prose mais  prise au jeu de la consigne d'écriture d'IRENE, http://mamirene.over-blog.com/

    (devant paraître sur le blog personnel avec lien) voici le récit d'une étrange aventure. Les mots en gras sont imposés.

     

     

     

     

    " J'ai rencontré un tigre blanc ! " tel est le titre que je pourrais donner au récit entendu que je vais vous relater.

     

     Il faisait chaud, la nuit étoilée ne parvenait que très peu à rafraîchir l'atmosphère que les alizés avaient délaissé  sur cette île lointaine, à l'autre bout du monde. Crystalle, n'y tenait plus, elle n'avait qu'une envie : s'éclipser discrètement, fuir les conversations, les sourires obligés. Cette soirée lui pesait, mais il fallait bien se plier au rite de ces mondanités, indispensables pour éviter l'isolement. Six mois maintenant qu'elle avait quitté la France pour s'installer dans cet Eden et rejoindre son mari. Nature luxuriante, parfumée, très vite elle avait été conquise ; Mais la touffeur des journées la faisait souffrir. Aussi lorsque le ciel s'assombrissait, que les premiers scintillements apparaissaient là haut, elle se dirigeait vers le rivage tout proche pour goûter  à la relative douceur de l'air, à la tiède humidité des embruns.

     

     Profitant d'un bref moment de solitude, elle quitta la terrasse, et prit le chemin de la mer. Il faisait clair, la lune donnait au décor des tons adoucis ; le vert des papyrus, ornements du bassin, empruntait aux étoiles ses tons irisés, que le rouge pali des hibiscus alentour  semblait rehausser. Au loin, les bananiers accrochaient une lumière bleutée sur leurs larges feuilles.

     

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     La mer n'était plus très loin, le ressac le lui disait. Crystalle se sentait fatiguée, la tête un peu lourde, trop d'alcool sans doute, et cette chaleur ! L'air marin lui ferait du bien. Elle déboucha du sentier sur la plage, s'assit sur le sable, bien-être !

     

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      Un léger bruit, étrange, rien qui ressemblât à ce qu'elle connaissait, la fit se retourner. Le projecteur d'un large rayon de lune était dirigé vers un animal, que, médusée, elle crût reconnaître : un tigre, un tigre mais blanc, immobilisé, la fixait de ses pupilles dont elle distingua la couleur claire, bleu lui sembla-t-il. Elle ne fit plus un mouvement, paralysée, ne sachant quelle décision prendre. Lui, ne la quittait pas des yeux. Elle se dit pour se rassurer qu'il n'y avait pas de fauves sur cette île, que les tigres blancs étaient rares : En Inde peut-être, elle l'avait entendu dans une émission.  Elle décida de regarder droit devant elle, sans bouger, vers la mer étale. Elle commençait à sentir l'engourdissement apaisant de la somnolence quant au loin ses yeux  aperçurent une gracieuse silhouette : Un cygne, un cygne noir, que l'argenté de l'eau détachait dans l'obscurité. Il était en face d'elle, semblait  l'inviter...

     

    - "Crystalle, Crystalle, réveille toi". Ces voix, elle ne pouvait plus les entendre.

     Crystalle avait suivi le cygne : le fauve avait  pris du bel oiseau aquatique la couleur de lys, ange blanc annonciateur de l'ange noir aux apparences séduisantes.

     

     

     

    Triste fait divers,  n'est ce pas ?

     

     

     

     

    Lasidonie


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       Et si pour une fois j’ouvrais cette page sur les joies ?

     

    La tristesse, le « mal dedans »  inspire spontanément l’écriture, les mots arrivent seuls. Qui ne connaît ou n’a commenté ce vers de  Musset  «  les chants les plus désespérés sont les chants les plus beaux… » Exploration du soi pour en exprimer le mal-être à travers la création poétique, artistique.

     

     Pourtant la douleur n’est pas seule génératrice d’émotions fortes  celles-ci nous saisissent aussi dans un moment de joie ou de plaisir intense.

     

     Petit matin. De nombreuses heures de nuit passées dans cet avion qui va bientôt arriver à destination. J’en ai rêvé depuis des mois : revoir dans un île moins lointaine, plus facile d’accès que celle où j’ai vécu jeune femme, les paysages, l’atmosphère d’autrefois.  30 ans … 30 ans imprégnée de ces images de paradis, dont je vais pouvoir retrouver la copie.

    Nous sommes en approche de piste, à Mahé, capitale des Seychelles.

     

    fleurs.jpg

      

       Mon pouls commence à s’accélérer, pas d’impatience, ni de fébrilité, non, plutôt une sensation indéfinissable de bonheur, de plaisir, mêlée de curiosité, d’attente sur le point de s’achever. Combien m'ont paru longues ces minutes, debout dans le couloir, bagages à la main, comme pour anticiper la libération de l’habitacle surchauffé. La passerelle nous attend, enfin. C’est le premier pas à l’extérieur. Là, sur ces marches, soudain, une bouffée de parfum sucré entêtant, une chaleur moite monte du tarmac. Mon cœur semble s’arrêter, mes genoux tremblent, une boule dans la gorge, je ne peux prononcer un mot car  sans que je puisse le retenir mon regard se voile, porté sur les haies d’hibiscus, les frangipaniers, qui entourent le hall de l'aérogare.

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      Une émotion d’une intensité rare ! J’étouffe un sanglot, gênée de ces yeux humides que discrètement je sèche. En quelques secondes presque tous mes sens se sont trouvés sollicités comme autrefois ! Odeur si particulière de cette végétation, humidité qui colle à la peau en même temps que le soleil éblouit, vision de cocotiers, de bananiers profusion des fleurs. Ne manquait que le chant des vahinés…

     

     

     

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      J’avais à nouveau trente ans… je débarquais à Papeete avec mes deux jeunes enfants.

    Pas de regrets, ni de nostalgie, un vécu de l’instant, merveilleux…En silence !

     

     

     

     

    Merci à Claudiogène dont l'article m'a donné l'envie de décrire à mon tour une joie..

    http://claudiogene.canalblog.com/

    et à Martine pour sa citation de Camus

    " au milieu de l'hiver j'ai découvert un invincible été"

     

    www.cergyrama.com/                                  

     

    LASIDONIE


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