•   En contrepoint du texte qui précède :

     

    L’ ECRITURE

     

    L’écriture est piège
    Elle se joue des cœurs
    Naïfs, assoiffés, perdus,
    Terre factice, séduisante
    Aux couleurs fluctuantes
    Que l’on peut à l’envie
    Fondre, mélanger
    Ou violemment opposer !
    Comme est belle la vie
    Ainsi parée de rose tendresse
    De vert-espérance
    Cueilli dans les jardins des je t’aime
    Si facile à inventer
    Sur la page du cahier 
    Comme est devenu noir
    Le passage des jours
    Dans les tempêtes maudites 
    Emportant les âmes en détresse
    Qui sombrent dans le néant
    Gouffre d’ombre épaisse
    Tandis que la lumière s’essouffle
    A vouloir résister
    Aux assauts du vent !
    La forme dessinée du mot
    Donne existence aux apparences
    Crée l’illusion de vérité 
     Fascinante écriture
    Nous voici asservis, bernés,
    Par  ses messagers
    Qui nous tiennent en leur pouvoir.
    Et l’on voudrait y croire
    Au rose, au vert, au bleu
    Au rouge ivresse aussi,
    Et l’on aimerait tant
    Que le mélange ne tourne pas au noir 
    Que tout soit réel ici !
    Mais la vie est-elle dans l’écrit ?
    Je l’ai cru, j’ai rêvé.

     

    Le piège : la vie n'est pas dans l'écrit

     

     

                                                                                           Sido —4/2008

     

     


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  • Rediffusion

    LES MOTS

     

    Confier ses chagrins, dire ses blessures
    Incontrôlable besoin d’écriture
    Déraisonnable, pour l’esprit serein !
    Ondée qui passe, le beau temps revient ! "
    Unisson des messagers d’espérance
    Loin d’imaginer la désespérance
    Aliénant toute pensée de plaisirs
    Niant toute volonté d’en sortir.
    Ecrire, ce qui reste pour guérir.

    Seuls les mots que l’on porte à la lumière
    Identifient les pensées trop amères
    Dépouillent du mal l’horrible décor
    Oeuvrent enfin pour conjurer le sort.

     

    Cidoulane/ sido ( mes pseudos )   

    03/2007
                     

    Les mots ( acrostiche)

             


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  •  

     

    Ô les vois -tu encore
    Ces nuages
    Effilochant l'azur
    De leurs voiles éthérés
     Furtifs danseurs d'un printemps
    Jadis radieux


    Regardons les passer
    Ces vaisseaux si légers
    Ils emportent avec eux
    Nos rêves impatients
    Nos attentes inutiles
    Pour nous délester
    De ce qui rend si difficile
    Le voyage

     


    Ô les vois-tu encore

    derrière le paravent des ombres ?

    SIDO

     


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  •  

    Rediffusion

    Un  texte écrit en 2007 pour un atelier d'écriture. Seule l'image a changé, pour le reste ...

      

    « Pour faire le portrait de l’oiseau, peindre d’abord une cage.. » 

     

      barrière

     

     

       Ainsi commence  J. Prévert. Je n’ai de l’oiseau que  ma cage, la porte est ouverte, les barreaux ne sont pas de fer, ils sont invisibles au passant qui s’attarde un instant, séduit par l’écho d’une note attrayante. Mais ils emprisonnent mon esprit, dans un monde imaginaire, fait de bribes d’espoirs, d’images que le cadran de l’horloge précipite dans les corbeilles des rêves fanés. Comme par indulgence, parfois, un magicien en desserre les attaches, le temps de respirer, de refaire provision de petits bonheurs. Mon cœur s’étonne : comme ce serait simple d’être ! Heureuse, légère, souriante, insouciante, croquant la vie sans penser à plus tard, un oiseau sans cage, libéré  par la main d’un enfant inconnu, ému par mon chant. L’enfant  trop adulte est passé, n’a rien vu des barreaux…Le petit prince devinait le mouton, à l’intérieur de la caisse, mais les « petit Prince » n’existent pas…  

     Je ne suis pas oiseau, la cage est une caverne dans laquelle l’ours taciturne et solitaire se protège des atteintes de la lumière, cruel projecteur sur l’impossible lune à atteindre. Quand ses yeux se posent sur elle, qu’il en perçoit la beauté, le mal en lui se fait si vif qu’il en pousse des cris de révolte, de rage inutile. De la rage oui, car il a gardé, malgré les ans, outre un esprit vif, une âme neuve, rêveuse, prête pour une dernière expérience de la vie … Alors de temps à autre il s’avance hors de l’obscurité pour voler à l’astre de la nuit un rayon de chaleur. Les ours aussi ont besoin d’être réchauffés…

     

      SIDO

     


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