• Qu'il fasse noir, qu'il fasse blanc
    Que l'eau soit vague, ou bien écume
    Dans sa fraîcheur, goutte de brume
    Goutte de houle, roule le vent

    Goutte de houle, roule le vent
    Renvoie en flot tous les mirages
    Les écroule sur le rivage
    Et fait du flot galet d'argent

    Et fait du flot galet d'argent
    Façonné d'ecorchés de rêves
    Comme autant de bulles qui crèvent
    Uu s'envolent au firmament

    Ou s'envolent au firmament
    Laissant trace de leur ravage
    Gouttes de pleurs à l'abordage
    Mousse océane en noir et blanc


    Sous la lame en rouleau d'émois
    Que le vent soit silence, qu'il tremble
    D'une voix qui te ressemble
    Je vois mon coeur criblé de toi.


    Lasidonie





     



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    A quoi bon ?
    Comment mieux résumer le profond sentiment d'impuissance qui envahissait Clémence.

    A  quoi bon  forcer ses jambes à faire des pas quand on ne sait où aller
    A quoi bon  obliger son bras à tenir la plume s'il n'y avait plus rien à écrire
    A quoi bon s'efforcer de garder les yeux ouverts quand ce qui leur est offert est désespérant de laideur
    A quoi bon tenter de garder son esprit en éveil quand tout s'obscurcit, que le néant est le seul vrai du temps

    Ainsi pensait Clémence en ce début d'aurore, le corps et l'esprit anéantis. Bientôt les bruits de la vie au dehors allaient réveiller le jour, secouer la torpeur de la nuit. Elle les entendait ceux qui allaient lui dire "Regardez le soleil, le dessin des nuages dans le ciei entendez les pépiements des oiseaux, la chanson apaisante du ressac sur la plage  ou celle vivifiante du vent dans les cîmes, sentez l'odeur de la terre chaude lorsque l'ondée vient la rafraîchir, celle de l'herbe fraîchement coupée...Et puis n'aimez vous plus le goût du fondant au chocolat,  le moelleux des pommes caramélisées, leur 
    saveur sur la langue?

    Tout cela oh oui elle le devinait ! Tout cela elle l'avait aimé, s'en était enveloppée pour fuir ce qui la poursuivait, se créer une barrière protectrice, se donner du sens... Tout comme elle avait tenté de le trouver dans ses rêves. Clémence avait un temps fait de ses rêves l'étendard de sa révolte, et elle avait voulu y croire, croire qu'un jour ils seraient sa réalité.

    Là est la plus grande des erreurs ! Le rêve n'est que fantaisie de l'imaginaire, il ne peut combler, ni se substituer à la vie. En faire le but de son existence  était la pire des sottises. De même qu'écouter
    tous les gens sensés, bien intentionnés, qui lui feraient remarquer qu'il suffit de ne pas regarder son nombril, que la misère, la souffrance sont les choses au monde les mieux partagées et que le pire existe toujours ailleurs !
    Se pencher sur les autres ? Noble alibi pour ne pas "se voir", se mesurer à soi ; Clémence avait triché avec elle-même.
    Le
    à quoi bon, revenait comme un leitmotiv.

    A quoi bon chercher une aide auprès d'autrui, s'accrocher à de possibles ou improbables amitiés ! Personne, ni Dieu, ni Diable, ni même ses proches, ne pouvait vivre à sa place, sentir à sa place, décider à sa place.
    Elle ne devait rien attendre d'autre que ses propres forces et celles-ci l'abandonnaient. Son corps avait vieilli, vite, trop vite, ses paupières s'abaissaient vite, trop longtemps, son esprit tournait , tournait jusqu'à épuisement, jusqu'à se vider de toute substance...

    Alors à quoi bon ? Pleurer, elle l'avait tant fait que ses yeux étaient secs, Crier ? Sa voix s'était éteinte dans le désert de l'incompréhension !
     Non, à quoi bon Résister ? A l'impossible nul n'est tenu pensa Clémence en cette aurore qui deviendrait NUIT!


    Lasidonie






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     Cette image réalisée a été suscitée par mon admiration pour les superbes créations du photographe, maître en la matière, : Michel Gonnet. Patience et longueur de temps ont fini par me permettre d'en approcher le style, fort modestement. Son blog : link



    an 2010


    Lasidonie

    D'autres souhaits ici :  link




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